Les cinq phases de la maladie grave

L'annonce d'une maladie n'est jamais chose facile; ni pour celui qui l'annonce, ni pour ceux qui la recçoivent. Aussi, bien souvent, la maladie, et encore plus l'annonce d'une mort prochaine est occultée.
L'expérience, m'a permis d'observer, chez les personnes atteintes de maladie graves, cinq phases.

Le docteur Elisabeth Kübler-Ross (1), a trés bien analysé ces cinq étapes successives sur le chemin de la mort, cinq stades par lesquels passe le mourant (mais aussi les malades atteints de maladie grave) et qui sont les suivants :



 


LES CINQ PHASES

 

Quand la maladie, le deuil, etc vous touchent, il est fort possible que vous passiez par plusieurs phases : cinq phases, que tous, nous traverserons, avec plus ou moins de facilité.

 

l Première phase : le choc

Un coup derrière la nuque. Le ciel qui vous tombe sur la tête : vous êtes atteint d’une maladie, une maladie incurable … réaction automatique : REFUS, BLOCAGE.

« Quelle est cette maladie que personne ne connaît et surtout pas le médecin traitant ? Que se passe-t-il ? De quoi parle-t-il ? … Il est nul, il faut voir un spécialiste… »

 

l Deuxième phase : La colère

Malheureusement,  le diagnostic est confirmé et souvent accompagné de commentaires effrayants : « C’est une maladie rare, sans traitement, dont les effets sont terribles à long terme. »

Alors, vient le temps de la colère, des cris, des larmes.

Le malade, ou, par procuration, un de ses parents, cherche un coupable : le monde, la pollution, Dieu, la grand-mère… On trouve toujours un bouc émissaire.

Il faut laisser libre cours à cette colère (vitale), et surtout ne pas chercher à la réprimer. Seul le temps conduit à la troisième phase.

 

l Troisième phase : Le marchandage

« Docteur, c’est peut-être moins grave que prévu ? Si je faisais ceci ou cela, j’arriverais sans doute à guérir ? Et puis, la Sclérodermie(par exemple), c’est moins grave que le Sida ? Docteur, je vais rester comme je suis ? Cela ne va pas se dégrader ? Ça va mieux, je peux toujours travailler ? »

Rien à faire. La maladie est là. Alors, on renonce à l’espoir.

 

l Quatrième phase : Le relâchement

Plus de colère, plus d’espoir : on baisse les bras, les muscles se relâchent, le mutisme annonce la dépression qui va s’abattre. Anéantis, les malades et leurs familles attendent.

 

l Cinquième phase : La sérénité

Enfin, miraculeusement apparaît la phase 5 : une incroyable sérénité s’est installée après la tempête. De nouveau, le patient renaît. Sa sérénité a quelque chose d’incompréhensible pour ceux qui l’entourent. Il ne se sent plus exclu. Au contraire, il a atteint un niveau supérieur de conscience. Il dévore la vie autrement, à petites bouchées qu’il avale doucement, sans en perdre une miette.

Plus fort que jamais, il irradie d’une joie de vivre, d’une force d’être qui illumine tous ceux qui l’approchent. Aussi, souvent, il partage avec les autres son énergie ; ne s’intéressant qu’à l’essentiel, il apporte son aide aux plus défavorisés.


 

Sans doute tous passeront par ces cinq phases, mais chacun les vivra différemment, avec plus ou moins de bonheur, en fonction de ce qu’il est et de son entourage. Il faudra peut-être beaucoup de temps à certains pour atteindre la sérénité et, même alors, parfois la colère et le désespoir réapparaîtront.

 

En même temps que le corps, il faut soutenir l’esprit et l’âme.

1):Elisabeth Kübler-Ross  (née en suisse à Zurich le 8 juillet 1926 et décédée le 24 août 2004), était docteur en psychiatrie. Vivant aux USA, elle fut la pionnière de l'approche des « soins palliatifs » pour les personnes en fin de vie et de l'accompagnement aux mourants.